Date et heure: 5 février, à 12h 00
Organisateur:Centre d’études de la stratégie africaine des BRICS
Thème: «L’Ouganda, nouveau partenaire est-africain des BRICS»
Lieu: Salle de conférence de l’Institut de l’Afrique de l’Académie des sciences de Russie
Format: présentiel, langue de travail: anglais

Le 5 février 2025, le Centre d’étude de la stratégie africaine des BRICS a organisé son deuxième séminaire scientifique international, intitulé «L’Ouganda, nouveau partenaire est-africain des BRICS». L’événement a réuni des chercheurs russes et africains, des représentants du corps diplomatique ougandais ainsi que des membres de la diaspora ougandaise en Russie. Comme l’a souligné Daria Alexandrovna Zelenova, directrice du Centre d’étude de la stratégie africaine des BRICS et candidate en sciences politiques, ce séminaire scientifique interdisciplinaire, organisé avec la participation de chercheurs et d’experts africains, a été conçu comme une plateforme de discussion sur les questions de coopération multilatérale entre la Russie et les États africains, y compris dans le cadre des BRICS. Au cours de l’événement, des communications ont été présentées par Maïa Viktorovna Nikolskaïa, directrice du Centre d’études africaines de l’Institut d’études internationales du MGIMO, et par Brian Mugabi, candidat en sciences historiques, enseignant à la Faculté des relations internationales du MGIMO et président de la diaspora ougandaise en Russie.
Dans leurs interventions, les experts ont abordé les motivations de la coopération de l’Ouganda avec les BRICS, les possibilités et les limites de l’intégration de cet État africain dans les structures du groupe, ainsi que la perception de ce nouveau partenariat par les pays voisins de l’Ouganda. Maïa Viktorovna Nikolskaïa a notamment souligné que l’Ouganda est l’un des principaux partenaires prioritaires de la Russie en Afrique de l’Est. Le pays considère les BRICS comme une plateforme permettant de développer une coopération mutuellement avantageuse non seulement avec la Chine, qui est son principal partenaire commercial, mais aussi avec l’Inde et la Russie. Outre les avantages économiques évidents, tels que la participation éventuelle aux projets de la Nouvelle Banque de développement des BRICS, la réduction de la dépendance vis-à-vis de l’aide des donateurs occidentaux et des institutions de Bretton Woods, ainsi que la diversification des liens commerciaux grâce à un accès élargi aux marchés en croissance des pays du Sud global, l’Ouganda poursuit également, selon les intervenants, des objectifs de nature politique. Le partenariat avec les BRICS pourrait permettre au pays de renforcer ses positions dans les processus régionaux.

Selon Brian Mugabi, l’une des principales raisons ayant poussé l’État africain à rechercher des formats alternatifs de coopération internationale a été la décision des États-Unis d’exclure l’Ouganda du programme AGOA (African Growth and Opportunity Act) à compter du 1er janvier 2024, sous prétexte de « violations graves des droits de l’homme » dans le pays. Cette décision limite l’accès en franchise de droits des produits ougandais, notamment le café et les textiles, au marché américain. Le dialogue dans le cadre des BRICS repose, au contraire, sur les principes de non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, de respect des intérêts nationaux et des spécificités propres à chaque pays.
Comme l’a indiqué M. Gideon Rutazindwa Mwebaze, conseiller-ministre de la République d’Ouganda en Russie, présent dans la salle, l’Ouganda défend des relations économiques internationales plus justes et plus équitables. Ainsi, en l’absence de capacités de transformation suffisantes dans le pays, les principaux bénéficiaires des exportations de café ougandais restent les pays européens. La plateforme des BRICS ouvre des perspectives pour établir des liens directs entre les producteurs et les consommateurs de café, ce qui nécessitera un accompagnement logistique et financier approprié.
Selon Maya Nikolskaya, l’adhésion de l’Ouganda aura certainement une incidence sur l’identité des BRICS, qui se sont affirmés comme une association des principales économies du monde non occidental. Dans le même temps, les experts ont souligné que l’activité du groupe ne devait pas être analysée exclusivement à travers la dichotomie «Occident — anti-Occident». Pour les États africains, les BRICS constituent plutôt une alternative aux partenaires traditionnels et une possibilité de mener une politique étrangère multivectorielle.
Comme l’a rappelé Daria Zelenova, les séminaires réguliers du Centre d’études de la stratégie africaine des BRICS serviront à présenter de nouvelles recherches interdisciplinaires consacrées aux questions de développement et de sécurité du continent africain, aux problèmes d’intégration ainsi qu’à l’évaluation du potentiel de coopération dans le cadre des BRICS.
