L’agenda de sécurité nationale des participants et partenaires africains des BRICS — Ekaterina Abramova, Daria Zelenova

Journal:⠀Vestnik RUDN. International Relations (Vol. 25 No. 3 , pp. 428–448)
URL: https://journals.rudn.ru/international-relations/article/view/46263
DOI: https://doi.org/10.22363/2313-0660-2025-25-3-428-448

À la suite du 16e sommet des BRICS en 2024, trois États africains — l’Algérie, le Nigéria et l’Ouganda — ont obtenu le statut de pays partenaires. La portée géographique et l’agenda thématique des activités des BRICS s’élargissent, les questions de développement et de sécurité, y compris sur le continent africain, occupant une place centrale. Toutefois, la notion même de sécurité a connu une transformation importante au cours des dernières décennies : elle est passée du paradigme traditionnel de la sécurité de l’État, centré sur la lutte contre les menaces militaires extérieures, à une approche plus globale englobant plusieurs dimensions, notamment politiques, socio-économiques, technologiques et environnementales. En se référant au concept de sécuritisation proposé par l’École de Copenhague des études de sécurité, les auteurs partent de la nécessité de présenter les pays africains des BRICS+ — l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie en tant qu’États membres, ainsi que l’Ouganda et le Nigéria en tant que nouveaux partenaires — comme des acteurs formulant leur propre agenda de sécurité nationale.

La présente étude se concentre sur les menaces identifiées dans le discours officiel de ces pays, sur celles qui sont considérées comme prioritaires, ainsi que sur la manière dont cette hiérarchisation est justifiée au regard des spécificités du contexte national. La problématique de recherche s’inscrit dans les objectifs de la politique étrangère russe visant à renforcer l’interaction avec les pays du continent africain dans le domaine de la sécurité, y compris dans le cadre des BRICS. En outre, cette étude peut contribuer à une compréhension théorique plus approfondie du discours non occidental sur les questions de sécurité. L’article propose une analyse comparative des documents doctrinaux pertinents adoptés en Afrique du Sud, en Éthiopie, en Ouganda et au Nigéria. L’analyse de l’agenda de sécurité nationale de l’Égypte a été menée principalement à travers l’étude des discours officiels prononcés à l’Assemblée générale des Nations unies.

Le problème des contradictions entre l’Égypte et l’Éthiopie concernant l’utilisation du Nil est examiné à travers le prisme d’une approche fondée sur l’interdépendance entre les ressources en eau, en énergie et en alimentation. Les documents stratégiques relatifs à la cybersécurité de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda et du Nigéria n’ont pas non plus été ignorés. Malgré des différences évidentes dans les approches nationales de la sécurité, les auteurs concluent que les stratégies des différents pays répondent aux tendances mondiales liées à la sécuritisation des questions de développement et à la complexification du contenu même du concept de sécurité.