Journal:⠀International Trade and Trade Policy (2025 ; vol. 11, n° 4, p. 201–214)
URL: https://mttp.rea.ru/jour/article/view/845
DOI: https://doi.org/10.21686/2410-7395-2025-4-201-214
L’emprunt de ressources financières à l’étranger par les pays en développement est destiné à favoriser le développement du secteur réel de l’économie et, par conséquent, la croissance économique. Toutefois, l’utilisation souvent inefficace des prêts extérieurs, observée dans les pays africains, conduit à l’emploi des fonds reçus des institutions financières à des fins spéculatives, ainsi qu’au service des dettes contractées antérieurement. Depuis les années 1970, l’Éthiopie n’a pas été encline à mener une politique d’emprunt actif sur les marchés étrangers.
Ce n’est qu’au début des années 1990 que la politique de libéralisation en cours a entraîné une intensification des prêts accordés à l’Éthiopie depuis l’étranger, à la suite de quoi sa dette extérieure a atteint un niveau record de 139 % du PIB. Après l’annulation d’une partie des dettes, l’expansion du crédit s’est poursuivie, la Chine rejoignant les créanciers traditionnels représentés par les organisations internationales et les pays développés.
La situation de la dette extérieure éthiopienne a commencé à se détériorer à la fin des années 2010, sous l’effet d’un risque accru de défaut, d’une dégradation de la balance des paiements, de distorsions dans la structure du commerce extérieur, ainsi que de conflits armés. En 2023, le gouvernement éthiopien a engagé des négociations en vue d’obtenir un moratoire sur le paiement de la dette et une restructuration de celle-ci, mais ces démarches n’ont pas produit le résultat escompté. Le pays s’est alors retrouvé en défaut sur certains paiements, en raison d’un déséquilibre de la balance des paiements et d’un ralentissement de la croissance économique. L’article examine la formation de la dette extérieure de l’Éthiopie, ainsi que les causes et les conséquences du défaut de 2023.
