Journal:⠀Comparative Politics
URL: https://www.sravpol.ru/jour/article/view/1777/974
DOI: 10.46272/2221-3279-2024-1-16-2
L’article étudie l’intégration des nouveaux membres africains des BRICS dans la coopération scientifique et éducative de l’organisation. Malgré les nombreuses critiques liées au volume limité des collaborations scientifiques entre les pays des BRICS, cette institution propose un nombre croissant de formats d’interaction dans les domaines de la coopération scientifique, technologique et éducative. Pour en donner une évaluation correcte, il est nécessaire d’analyser et de systématiser les formats de coopération existant au sein de l’organisation, parmi lesquels figurent la création d’une infrastructure de recherche commune, l’organisation de conférences scientifiques et la tenue régulière de réunions au niveau des chefs de ministères. De plus, le développement de ces formats correspond aux objectifs de l’institution, puisque leur mise en place avait été déclarée dans le Mémorandum de coopération dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation de 2015. Le développement de la coopération au sein de l’organisation soulève ainsi la question de savoir comment les nouveaux membres des BRICS s’intègrent dans les formats existants.
Afin d’apporter une évaluation appropriée, l’article examine le développement de la science et de l’éducation, ainsi que les documents stratégiques nationaux de deux nouveaux membres: l’Égypte et l’Éthiopie. Il existe entre ces deux pays un écart considérable en matière de développement économique, de développement scientifique et technologique, ainsi que d’indicateurs de base de l’alphabétisation. Par conséquent, les défis et les opportunités auxquels sont confrontées l’Égypte et l’Éthiopie diffèrent sensiblement. Ces déséquilibres représentent des risques pour l’intensification de la coopération au sein de l’institution internationale, car les capacités économiques des nouveaux pays africains membres peuvent limiter leur aptitude à participer aux formats de coopération scientifique et éducative. Ainsi, l’Égypte a adhéré au Mémorandum d’entente sur la création de l’Université en réseau des BRICS de 2015, a participé à la réunion des ministres de l’Éducation ainsi qu’à la réunion du Groupe de travail des BRICS sur les infrastructures de recherche et les projets de type MegaScience. L’Éthiopie, en revanche, n’a pas participé à ces réunions. Cela met en évidence les risques d’un renforcement des inégalités au sein de l’organisation, un problème dont les pays participants sont conscients: en 2025, de nombreux pays pauvres et de petite taille souhaitant participer aux activités des BRICS ont obtenu le statut de pays partenaire plutôt que celui de membre.
Malgré la diversité des formats de coopération et leur élargissement, les différences de niveau de développement économique, scientifique et technologique entre les nouveaux membres africains créent des défis pour leur pleine intégration. Cet écart souligne la nécessité d’adapter les mécanismes des BRICS afin d’assurer l’inclusivité et la durabilité du partenariat scientifique.
