Les sanctions comme l'instrument de coercition dans le cadre de la CEDEAO — Tamara Andreeva, Aleksandr Novikov

Journal: Asia and Africa Today. 2024, №9, pp 71-80.
Lien: https://journals.rcsi.science/0321-5075/article/view/265317
DOI: https://doi.org/10.31857/S0321507524090097

Ces dernières années, l’Afrique de l’Ouest est devenue l’une des régions les plus turbulentes du monde et a ébranlé la communauté internationale par une série de coups d’État militaires. Toutefois, c’est surtout l’escalade des tensions entre les «États rebelles» et la CEDEAO qui a attiré l’attention, l’organisation ayant recours à un large éventail de sanctions à sa disposition afin d’influencer les régimes politiques de ses États membres. Cependant, après le coup d’État au Niger et les sanctions sévères imposées par la Communauté à son encontre, la situation a radicalement changé.

Les auteurs présentent les facteurs qui déterminaient les modalités et les raisons de l’imposition des sanctions avant le coup d’État au Niger. Ils analysent également les événements survenus par la suite, les mécanismes de leur impact économique et politique sur les économies concernées, ainsi que leur influence sur l’évolution de l’orientation de politique étrangère de la «troïka sahélienne».

L’article conclut que les sanctions économiques ont eu un impact négatif sur la stabilité du développement à long terme du Burkina Faso, du Mali et du Niger, les contraignant à accepter des plans de transition compromis. Toutefois, les sanctions se révèlent inefficaces lorsqu’il s’agit de transformer les régimes politiques dans le sens souhaité par la CEDEAO. La désintégration de l’organisation à la suite de la création de l’Alliance des États du Sahel peut être considérée comme l’une de leurs conséquences.