Journal:⠀Journal of the Institute for African Studies
URL: https://africajournal.ru/en/2026/07/14/between-the-global-south-and-the-north-nigerias-soft-balancing-through-bri/
DOI: https://doi.org/10.31132/2412-5717-2026-75-2-42-58
L’article présente une analyse de la stratégie de politique étrangère et de politique économique extérieure du Nigeria dans le contexte de son adhésion aux BRICS en qualité de pays partenaire. Les auteurs partent de l’hypothèse selon laquelle les élites nigérianes ne sont pas enclines à prendre leurs décisions dans une logique de « jeu à somme nulle », qui impliquerait l’abandon de la coopération avec l’Occident au profit des pays du « Sud global », ou inversement. L’analyse porte principalement sur la question de savoir quel modèle de comportement — le « soft balancing » ou le « soft bandwagoning » — caractérise le mieux la stratégie du Nigeria contemporain. Une attention particulière est accordée à la doctrine de politique étrangère de Bola Tinubu ainsi qu’aux réformes économiques visant à renforcer l’autonomie stratégique de l’État par l’attraction des investissements et des technologies, l’amélioration de la sécurité nationale et la réduction de la dépendance à l’égard de l’aide financière et humanitaire. Dans ce contexte, les BRICS sont perçus par le Nigeria avant tout comme un instrument de développement économique, de diversification des relations internationales et de renforcement de sa position de négociation sur la scène mondiale. Cette orientation permet de réduire les risques liés à une dépendance unilatérale, tandis que le statut de pays partenaire ne doit pas être interprété comme un défi politique direct lancé aux partenaires occidentaux traditionnels. Afin de mettre en évidence les particularités de la stratégie nigériane, l’article compare, à titre d’exemple, deux dimensions de l’interaction du pays avec les États des BRICS et les pays occidentaux : la coopération économique et certains éléments de « puissance douce ». En raison de l’étendue de cette notion, ces derniers sont étudiés à travers les préférences migratoires des Nigérians, l’attractivité des systèmes éducatifs, les possibilités de passage des études à l’emploi, ainsi que le rôle économique de la diaspora et des transferts de fonds qu’elle génère. La dimension économique est illustrée par une analyse des statistiques du commerce extérieur, notamment de la dépendance à l’égard des exportations de pétrole et des importations de produits pétroliers, de la structure de la dette et des flux d’investissements. L’article conclut que le partenariat avec les BRICS permet à Abuja d’élargir sa marge de manœuvre en matière de politique étrangère tout en maintenant des relations pragmatiques avec l’Occident.
