Journal: Comparative Politics
URL: https://www.sravpol.ru/jour/article/view/1718
DOI: https://doi.org/10.46272/2221-3279-2024-1-16-2
L’article présente une analyse de la préparation et des résultats des élections législatives qui se sont tenues en République d’Afrique du Sud le 29 mai 2024. Pour la première fois en trente ans d’existence de l’Afrique du Sud démocratique, le parti au pouvoir, le Congrès national africain, n’a pas réussi à obtenir la majorité des voix. Ce scrutin a constitué un tournant, donnant des raisons de penser que la période de domination de l’ANC pourrait bientôt toucher à sa fin. Dans le même temps, l’étude montre que la diminution du nombre de partisans ne constitue pas seulement un problème pour l’ANC, mais concerne également d’autres acteurs politiques.
L’objectif de cette étude est d’identifier les raisons pour lesquelles l’ANC a perdu le soutien d’une partie de son électorat. L’auteur examine en détail les principales étapes de la préparation du scrutin et analyse les campagnes électorales de différents partis politiques: l’ANC; les partis d’opposition, tels que l’Alliance démocratique; ainsi que de nouveaux mouvements politiques qui participaient aux élections pour la première fois. Une attention particulière est accordée aux questions du financement des partis, de l’organisation des actions politiques, ainsi qu’aux stratégies de mobilisation des électeurs. L’article examine également d’autres facteurs susceptibles d’avoir influencé l’issue du vote, notamment l’apparition soudaine du parti de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018.
L’auteure identifie ainsi plusieurs raisons pour lesquelles l’ANC a perdu une partie des voix de ses électeurs. Premièrement, les difficultés économiques, en particulier le niveau élevé du chômage des jeunes. Deuxièmement, la corruption et l’inefficacité de la gouvernance au niveau local. Troisièmement, l’évolution de la composition démographique de la population, notamment l’augmentation du nombre de jeunes générations qui ne sont pas directement liées à l’époque de l’apartheid. L’article formule également des hypothèses sur la manière dont cette nouvelle réalité pourrait influencer la formation de la politique intérieure et extérieure de l’État.
En outre, l’article examine les premières mesures prises par la nouvelle direction officielle du pays, le «Gouvernement d’unité nationale». L’une des questions centrales soulevées dans l’étude est de savoir comment les changements survenus dans la politique intérieure influenceront l’orientation de la politique étrangère de l’Afrique du Sud — membre du groupe des BRICS et l’un des principaux États représentant le Sud global — à la suite de la nomination du nouveau gouvernement et du nouveau ministre des Relations internationales et de la Coopération. L’auteur conclut que les élections de 2024 ont constitué un événement majeur dans la vie politique sud-africaine. Elles ont montré que l’État connaît des transformations importantes, susceptibles d’avoir une influence considérable sur sa politique intérieure et extérieure.
