Le Centre d’étudeы de la stratégie africaine des BRICS (laboratoire de jeunes chercheurs créé sur la base de l’Institut de l’Afrique de l’Académie des sciences de Russie) invite tous les collègues intéressés à participer au séminaire scientifique intitulé «Les États africains des BRICS: perspectives de coopération dans un nouveau format»..
Le séminaire se tiendra le mercredi 15 mai, à 13h 00, dans la salle de conférence de l’Institut de l’Afrique.
Les communications seront présentées par de jeunes chercheurs, collaborateurs du nouveau Centre. Prendront également part à la séance des experts de l’Institut de l’Afrique de l’Académie des sciences de Russie: chercheur principal, docteur en histoire V.G. Shubin,chercheur principal, PhD en sciences économiques S.N. Volkov,ainsi que chercheuse principale, docteure en histoire T.L. Deych.
Résumés des communications

«Les raisons de l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS»
M.S. Grichenkine,,
S.N. Zamesina
Centre d’études de la stratégie africaine des BRICS
Le 1er janvier 2024, l’Éthiopie, aux côtés de l’Égypte, de l’Iran, des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, est devenue membre de l’association des BRICS. Cette décision a été prise lors du XVe sommet des BRICS, qui s’est tenu du 22 au 24 août 2023 à Johannesburg. Dans cette communication, les auteurs se donnent pour objectif d’analyser les raisons de l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Ils soulignent la diversité des objectifs poursuivis par l’Éthiopie dans le cadre de cette adhésion, qui concernent non seulement l’élargissement de son influence internationale, mais aussi la préservation de ses priorités stratégiques traditionnelles.
Une attention particulière est accordée aux aspects géoéconomiques ainsi qu’à la participation active du pays aux processus d’intégration économique internationale. La communication analyse également les relations économiques de l’Éthiopie avec les principaux pays membres des BRICS, notamment la Chine, l’Inde, la Russie et les Émirats arabes unis. Les auteurs mettent en évidence l’importance de l’attraction des investissements étrangers et de l’accès aux instruments financiers de la Nouvelle Banque de développement, compte tenu des défis économiques auxquels l’Éthiopie est confrontée, notamment le défaut de paiement de 2023 et les obligations de dette non remboursées.
L’étude constitue une revue analytique permettant de mieux comprendre les multiples dimensions de l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS ainsi que son importance pour le pays dans le contexte de la dynamique économique mondiale contemporaine.
«Les raisons de l’adhésion de l’Égypte aux BRICS»
A. A. Ufimtsev,
Centre d’études de la stratégie africaine des BRICS,
stagiaire-chercheur au Centre d’étude de la stabilité et des risques de l’École des hautes études en sciences économiques — HSE Université
Le 1er janvier 2024, l’Égypte est devenue membre des BRICS. Le thème de cette intervention porte sur les raisons de l’adhésion de l’Égypte aux BRICS. Dans le cadre de cette étude, il s’agira de formuler une réponse à la question des objectifs poursuivis par l’Égypte en rejoignant les BRICS, à partir des attentes des différents acteurs, ainsi que d’évaluer dans quelle mesure ces attentes sont réalistes.
Plusieurs raisons principales expliquent l’adhésion de l’Égypte aux BRICS. La première concerne les possibilités de communication supplémentaire avec certains acteurs. Dans le cadre des sommets et de divers formats multilatéraux, les dirigeants égyptiens peuvent rencontrer plus régulièrement des responsables politiques de pays tels que la Chine, la Russie et les Émirats arabes unis, qui sont d’importants créanciers de l’Égypte et participent activement à la réalisation de mégaprojets sur le territoire national. Cet argument a été avancé par le ministre égyptien des Finances, Mohamed Maait, qui a déclaré que l’adhésion de l’Égypte aux BRICS permettrait d’accroître les investissements et d’ouvrir de nouvelles possibilités d’exportation grâce à l’approfondissement de la coopération économique entre l’Égypte et les États membres. Cette perspective est favorisée par la nature des économies des pays des BRICS, qu’il s’agisse de certains anciens ou nouveaux membres. Les Émirats arabes unis disposent d’importantes ressources au sein de leurs fonds souverains, tandis que le rôle significatif des institutions publiques dans les économies chinoise et russe pourrait permettre à l’Égypte d’attirer ces pays dans la mise en œuvre de mégaprojets, y compris à des conditions préférentielles. Cet argument ne s’applique pas aux pays de l’OCDE: l’amélioration des relations avec l’Allemagne ne signifie pas nécessairement que l’entreprise Siemens, qui fournit des trains à grande vitesse à l’Égypte et a construit la centrale thermique de Beni Suef, serait davantage disposée à travailler à des conditions préférentielles. En effet, la liste des instruments gouvernementaux permettant d’influencer les décisions d’une entreprise privée se limite principalement aux incitations sous forme de subventions et aux marchés publics.
Le deuxième argument tient au fait que, dans un contexte de difficultés économiques persistantes liées au déficit budgétaire, au déficit de la balance commerciale et à la dévaluation de la monnaie nationale, le gouvernement égyptien est contraint de démontrer en permanence ses actions et ses intentions visant à améliorer la situation économique afin de maintenir un niveau élevé de légitimité. C’est pourquoi les journaux proches du gouvernement accordent souvent une attention particulière aux avantages économiques de l’adhésion de l’Égypte aux BRICS. Ainsi, le journal Al-Masry Al-Youm affirme que, puisque l’Égypte importe des céréales, du pétrole et d’autres produits industriels en provenance des pays des BRICS, une future augmentation du volume des échanges commerciaux en monnaies locales pourrait réduire la demande de dollars américains et ralentir l’inflation.
